Le règlement s'applique aux véhicules de plus de 3,5 t en marchandises et aux véhicules de plus de neuf places conducteur compris en voyageurs. Ses plafonds : conduite journalière 9 heures, portée à 10 heures deux fois par semaine ; conduite hebdomadaire 56 heures ; conduite sur deux semaines consécutives 90 heures.
Après 4 h 30 de conduite, une interruption de 45 minutes est due ; elle peut être fractionnée en une pause d'au moins 15 minutes suivie d'une pause d'au moins 30 minutes, dans cet ordre. Le repos journalier normal est de 11 heures, fractionnable en 3 heures puis 9 heures ; le repos journalier réduit de 9 heures est admis au plus trois fois entre deux repos hebdomadaires. Le repos hebdomadaire normal est de 45 heures ; il peut être réduit à 24 heures, la réduction devant être compensée en bloc avant la fin de la troisième semaine suivante.
La durée légale de référence est de 35 heures. Les personnels roulants marchandises relèvent de durées équivalentes de temps de service : 43 heures par semaine (559 heures par trimestre) pour les grands routiers, 39 heures (507 heures) pour les autres personnels roulants, 35 heures (455 heures) pour la messagerie et les convoyeurs de fonds. La durée quotidienne de travail est plafonnée à 12 heures. Les maxima hebdomadaires sont de 56 heures pour les grands routiers, 52 heures pour les autres roulants et 48 heures pour la messagerie.
Aucun salarié ne peut travailler plus de six heures consécutives sans interruption : au moins 30 minutes lorsque le temps de travail est compris entre six et neuf heures, au moins 45 minutes au-delà. Le travail de nuit s'entend de la période 21 h - 6 h ; la durée quotidienne du travailleur de nuit est alors plafonnée à 10 heures.
Le contrôle du respect de ces règles repose sur le chronotachygraphe et la carte de conducteur. Le conducteur sélectionne le symbole correspondant à son activité : conduite, autre tâche, disponibilité, coupure ou repos. Le règlement (UE) n° 165/2014 fixe les obligations relatives à l'appareil de contrôle et à sa vérification périodique.
1. À quels véhicules de transport de marchandises le règlement (CE) n° 561/2006 s'applique-t-il ?
Le règlement (CE) 561/2006 vise les véhicules de plus de 3,5 t en marchandises. Les utilitaires légers en sont exclus pour les temps de conduite, ce qui ne les soustrait pas au droit du travail français.
2. À quels véhicules de transport de personnes le règlement (CE) n° 561/2006 s'applique-t-il ?
Le seuil retenu en voyageurs est celui de plus de neuf personnes conducteur compris. Un véhicule de neuf places reste donc hors du champ des temps de conduite européens. Source : art. 2 du règlement (CE) n° 561/2006.
3. Quelle est la durée maximale normale de conduite journalière selon le règlement (CE) n° 561/2006 ?
La conduite journalière est plafonnée à neuf heures, avec deux dérogations hebdomadaires. Confondre cette limite avec la durée du travail conduit à des plannings irréguliers. Source : art. 6 du règlement (CE) n° 561/2006.
4. Combien de fois par semaine la conduite journalière peut-elle être portée à dix heures ?
Le règlement (CE) 561/2006 admet deux extensions hebdomadaires à dix heures. Au-delà, le dépassement est une infraction, même si le total hebdomadaire reste sous les 56 heures.
5. Quelle est la durée maximale de conduite hebdomadaire ?
Le plafond hebdomadaire de conduite est de 56 heures. Il se combine avec la limite de 90 heures sur deux semaines consécutives, qui interdit d'enchaîner deux semaines à 56 heures. Source : art. 6 du règlement (CE) n° 561/2006.
6. Quelle est la durée maximale de conduite sur deux semaines consécutives ?
La limite bihebdomadaire de 90 heures empêche d'enchaîner deux semaines pleines à 56 heures. Une semaine à 56 heures impose donc au plus 34 heures de conduite la semaine suivante. Source : art. 6 du règlement (CE) n° 561/2006.
7. Un conducteur a conduit 56 heures en semaine 1. De combien d'heures dispose-t-il en semaine 2 ?
Le calcul est direct : 90 moins 56 égale 34 heures disponibles la deuxième semaine. Cette contrainte glissante est celle que les plannings oublient le plus souvent. Source : art. 6 du règlement (CE) n° 561/2006.
8. Après combien de temps de conduite une interruption est-elle obligatoire ?
Le règlement (CE) 561/2006 impose une interruption après 4 h 30 de conduite. Ce seuil s'apprécie sur la conduite cumulée, pas seulement sur une conduite d'un seul tenant.
9. Quelle est la durée de l'interruption due après 4 h 30 de conduite ?
L'interruption réglementaire est de 45 minutes. Elle peut être fractionnée, mais sa durée totale ne se négocie pas. Source : art. 7 du règlement (CE) n° 561/2006.
10. Comment l'interruption de 45 minutes peut-elle être fractionnée ?
Le fractionnement admis est de 15 minutes puis 30 minutes, et l'ordre compte. Inverser les deux séquences constitue une infraction, même si le total atteint 45 minutes. Source : art. 7 du règlement (CE) n° 561/2006.
11. Quelle est la durée du repos journalier normal ?
Le repos journalier normal est de 11 heures. Le repos de 9 heures existe, mais c'est un repos réduit dont l'usage est limité. Source : art. 8 du règlement (CE) n° 561/2006.
12. Combien de fois le repos journalier réduit peut-il être pris entre deux repos hebdomadaires ?
Le règlement (CE) 561/2006 admet trois repos journaliers réduits entre deux repos hebdomadaires. Aucune compensation n'est exigée pour ces réductions, contrairement au repos hebdomadaire.
13. Comment le repos journalier normal peut-il être fractionné ?
Le fractionnement admis est 3 heures puis 9 heures, soit 12 heures au total. Le repos fractionné coûte donc une heure de plus que le repos normal de 11 heures d'un seul tenant. Source : art. 8 du règlement (CE) n° 561/2006.
14. Quelle est la durée du repos hebdomadaire normal ?
Le repos hebdomadaire normal est de 45 heures. Le repos de 24 heures existe mais constitue un repos réduit, soumis à compensation. Source : art. 8 du règlement (CE) n° 561/2006.
15. Quelle est la durée minimale d'un repos hebdomadaire réduit ?
Le repos hebdomadaire réduit descend à 24 heures. La réduction doit être compensée en bloc, ce qui distingue ce repos du repos journalier réduit. Source : art. 8 du règlement (CE) n° 561/2006.
16. Dans quel délai la réduction d'un repos hebdomadaire doit-elle être compensée ?
La compensation intervient en bloc avant la fin de la troisième semaine suivante. Elle doit être rattachée à une autre période de repos d'au moins neuf heures. Source : art. 8 du règlement (CE) n° 561/2006.
17. Un conducteur prend un repos hebdomadaire réduit de 24 heures. Quelle compensation lui est due ?
La compensation correspond à la différence entre 45 et 24 heures, soit 21 heures. Elle se prend en bloc, accolée à un autre repos d'au moins neuf heures. Source : art. 8 du règlement (CE) n° 561/2006.
18. Quelle est la durée légale du travail applicable aux salariés du transport routier ?
La durée légale de référence reste 35 heures ; les durées de 39 et 43 heures sont des durées équivalentes de temps de service. Confondre durée légale et durée équivalente fausse tout le calcul des heures supplémentaires. Source : code du travail et convention collective nationale des transports routiers.
19. Quelle est la durée équivalente de temps de service applicable aux personnels roulants grands routiers ?
Les grands routiers relèvent d'une équivalence de 43 heures hebdomadaires, soit 559 heures par trimestre. La qualification de grand routier suppose au moins six repos hebdomadaires hors du domicile par mois. Source : code du travail et convention collective nationale des transports routiers.
20. Quelle est la durée équivalente applicable aux personnels roulants marchandises autres que les grands routiers ?
Les autres personnels roulants relèvent d'une équivalence de 39 heures, soit 507 heures par trimestre. L'écart avec les grands routiers reflète la différence de contrainte liée aux découchés. Source : code du travail et convention collective nationale des transports routiers.
21. Quelle durée équivalente s'applique aux conducteurs de messagerie et aux convoyeurs de fonds ?
La messagerie et le convoyage de fonds relèvent de 35 heures hebdomadaires, soit 455 heures par trimestre. L'absence d'équivalence majorée tient à la nature très fractionnée de ces activités. Source : code du travail et convention collective nationale des transports routiers.
22. Quelle est la durée quotidienne maximale de travail d'un conducteur routier ?
La durée quotidienne de travail des conducteurs est plafonnée à 12 heures, au-delà du droit commun de 10 heures. Elle ne se confond pas avec la durée de conduite, limitée à 9 heures. Source : code du travail et convention collective nationale des transports routiers.
23. Quelle est la durée hebdomadaire maximale de travail d'un grand routier ?
Le maximum hebdomadaire des grands routiers est de 56 heures, soit 689 heures par trimestre. Ce plafond porte sur le temps de service, pas seulement sur la conduite. Source : code du travail et convention collective nationale des transports routiers.
24. Quelle est la durée hebdomadaire maximale de travail des personnels roulants autres que grands routiers ?
Le plafond est de 52 heures hebdomadaires, soit 650 heures par trimestre, pour ces personnels. Il s'articule avec l'équivalence de 39 heures qui détermine le déclenchement des heures supplémentaires. Source : code du travail et convention collective nationale des transports routiers.
25. Quelle est la durée hebdomadaire maximale applicable en messagerie et convoyage de fonds ?
Le plafond de ces activités est de 48 heures hebdomadaires, soit 572 heures par trimestre. Il correspond au maximum européen de temps de travail hebdomadaire. Source : code du travail et convention collective nationale des transports routiers.
26. Combien de temps un salarié peut-il travailler sans interruption dans le transport routier ?
Aucun salarié ne peut travailler plus de six heures consécutives sans interruption. Cette règle du temps de travail se cumule avec l'interruption de conduite après 4 h 30, sans se confondre avec elle. Source : code du travail et convention collective nationale des transports routiers.
27. Quelle est la durée minimale de l'interruption due lorsque le temps de travail est compris entre six et neuf heures ?
L'interruption est d'au moins 30 minutes pour un temps de travail compris entre six et neuf heures. Elle passe à 45 minutes au-delà de neuf heures de travail. Source : code du travail et convention collective nationale des transports routiers.
28. Quelle est la durée minimale de l'interruption due lorsque le temps de travail excède neuf heures ?
Au-delà de neuf heures de travail, l'interruption minimale est de 45 minutes. Elle peut être fractionnée en périodes d'au moins quinze minutes. Source : code du travail et convention collective nationale des transports routiers.
29. Quelle est la période de nuit retenue dans le transport routier ?
La période de nuit dans le transport routier court de 21 heures à 6 heures. Elle déclenche des contreparties et une limitation spécifique de la durée quotidienne. Source : art. L3122-1 et suivants du code du travail.
30. Quelle est la durée quotidienne maximale de travail d'un travailleur de nuit dans le transport routier ?
La durée quotidienne du travailleur de nuit est plafonnée à 10 heures, contre 12 heures en régime normal. Cette réduction traduit la pénibilité particulière du travail nocturne. Source : art. L3122-1 et suivants du code du travail.
31. À quoi sert le chronotachygraphe installé à bord des véhicules ?
Le tachygraphe enregistre les activités du conducteur, ce qui rend contrôlable le respect du règlement (CE) 561/2006. Le suivi de consommation ou de position relève d'autres dispositifs embarqués.
32. Quels sont les symboles d'activité que le conducteur sélectionne sur le tachygraphe ?
Les quatre positions sont la conduite, l'autre tâche, la disponibilité et la coupure ou repos. Une mauvaise sélection fausse l'analyse des temps et constitue une infraction. Source : règlement (UE) n° 165/2014.
33. Quelle est la différence entre le temps de disponibilité et la coupure ?
Pendant la disponibilité, le conducteur reste à disposition sans exécuter de tâche, mais peut être rappelé. La coupure suppose au contraire qu'il dispose librement de son temps. Source : règlement (UE) n° 165/2014.
34. Quel texte européen fixe les obligations relatives à l'appareil de contrôle ?
Le règlement (UE) 165/2014 est le texte propre au tachygraphe et à son contrôle. Le règlement 561/2006 fixe les temps, la directive 2002/15/CE le temps de travail des personnels mobiles.
35. Un conducteur conduit sans avoir inséré sa carte dans le tachygraphe. Quelle est la qualification ?
Conduire sans carte rend le temps de conduite invérifiable, ce qui touche au cœur du dispositif de contrôle. Ce manquement figure parmi les infractions les plus graves et pèse sur l'honorabilité. Source : règlement (UE) n° 165/2014.