Le transport public (pour compte d'autrui) est exécuté à titre onéreux pour le compte d'un tiers : il suppose l'inscription au registre et une licence. Le transport pour compte propre déplace les marchandises de l'entreprise elle-même, avec ses moyens et son personnel, à titre accessoire de son activité principale : il échappe à l'exigence de licence.
La licence communautaire autorise les transports nationaux et internationaux ; elle est exigée au-delà du seuil de poids fixé par le règlement (CE) n° 1072/2009, et pour les autocars et autobus en voyageurs. La licence de transport intérieur ne vaut que pour le territoire national. Une copie certifiée conforme numérotée accompagne chaque véhicule ; le nombre de copies délivrées correspond au nombre de véhicules pour lesquels la capacité financière est justifiée.
Un conducteur ressortissant d'un pays tiers employé par un transporteur établi dans l'Union doit détenir une attestation de conducteur délivrée à l'entreprise, présentée à toute réquisition des agents de contrôle.
Le cabotage est le transport national effectué à titre temporaire par un transporteur non résident. Le régime du règlement (CE) n° 1072/2009 autorise, après un transport international ayant donné lieu à la livraison des marchandises, jusqu'à trois opérations de cabotage dans les sept jours qui suivent le déchargement de ce transport entrant. À l'issue de cette période, une carence de quatre jours interdit au même véhicule d'effectuer de nouvelles opérations de cabotage dans le même État membre. Le conducteur doit pouvoir présenter les preuves du transport international entrant et de chaque opération de cabotage.
Les opérations de cabotage et le transport international entre deux États membres autres que celui d'établissement entraînent l'application des règles de détachement du conducteur : rémunération de l'État d'accueil, déclaration préalable et conservation des documents. Le transit et le transport bilatéral en sont exclus.
1. Qu'est-ce qui caractérise le transport routier public de marchandises ?
Le transport public est exécuté pour autrui contre rémunération : c'est ce critère, et non le poids du véhicule ou l'étendue géographique, qui déclenche l'inscription au registre et l'exigence de licence (art. L3211-1 du code des transports).
2. Quelle condition n'est PAS exigée pour qualifier un transport de transport pour compte propre ?
Le compte propre est précisément le régime qui dispense de licence : l'exiger le contredirait. Les trois autres conditions sont cumulatives et figurent à l'art. L3211-1 du code des transports, qui reprend l'annexe du règlement (CE) n° 1072/2009.
3. Un magasin de meubles livre lui-même ses clients avec son fourgon et ses salariés. Comment se qualifie cette activité ?
Les meubles ont été vendus par l'entreprise, le transport est accessoire à la vente et les véhicules sont conduits par son personnel : les trois conditions de l'art. L3211-1 du code des transports sont réunies, aucune licence n'est requise.
4. Le même magasin facture désormais des livraisons pour un concurrent. Quelle conséquence immédiate ?
Dès qu'il déplace la marchandise d'un tiers contre rémunération, le magasin exécute un transport public : ni la part de chiffre d'affaires ni l'absence de marge n'écartent la qualification (art. L3211-1 et L3452-6 du code des transports).
5. Qui tient le registre électronique national des entreprises de transport par route ?
L'inscription est instruite et prononcée par le préfet de région, la DREAL en étant le service instructeur (DRIEAT en Île-de-France, DEAL outre-mer), conformément aux art. R3211-19 et suivants du code des transports.
6. Quelles sont les quatre exigences d'accès à la profession de transporteur public routier ?
Le règlement (CE) n° 1071/2009 pose quatre exigences cumulatives : établissement stable et effectif, honorabilité, capacité financière et capacité professionnelle, reprises aux art. R3211-19 et suivants du code des transports.
7. Une entreprise perd son gestionnaire de transport, qui démissionne. Que doit-elle faire ?
La capacité professionnelle de l'entreprise repose sur la personne du gestionnaire de transport : sa disparition ouvre un délai de régularisation, à l'expiration duquel l'inscription au registre est retirée (art. R3211-36 du code des transports).
8. Que permet la licence communautaire ?
La licence communautaire du règlement (CE) n° 1072/2009 couvre le transport national comme le transport international ; la licence de transport intérieur, elle, se limite au territoire national (art. R3211-26 du code des transports).
9. Pour quelle durée maximale la licence communautaire est-elle délivrée ?
L'art. 4 du règlement (CE) n° 1072/2009 fixe la durée maximale de validité de la licence communautaire à dix ans, l'autorité vérifiant à intervalles réguliers que les conditions d'accès restent remplies.
10. Que doit-on trouver à bord de chaque véhicule d'une entreprise inscrite ?
L'original reste au siège : chaque véhicule emporte une copie certifiée conforme numérotée, présentée à toute réquisition des agents de contrôle (art. 4 du règlement (CE) n° 1072/2009).
11. Une entreprise justifie d'une capacité financière suffisante pour six véhicules. Combien de copies conformes peut-elle obtenir ?
Le nombre de copies certifiées conformes délivrées correspond au nombre de véhicules pour lesquels la capacité financière est justifiée : c'est le mécanisme qui empêche une flotte de croître au-delà de ses fonds propres (art. R3211-26 et R3211-32 du code des transports).
12. Quelle est la portée de la licence de transport intérieur ?
La licence de transport intérieur n'autorise que les transports effectués sur le territoire national ; le passage à l'international suppose une licence communautaire (art. R3211-26 du code des transports).
13. Une entreprise exploite uniquement des véhicules de 3,5 t au plus, en France. Quel titre lui est délivré ?
Les entreprises n'utilisant que des véhicules n'excédant pas 3,5 t et opérant en national reçoivent une licence de transport intérieur ; elles restent inscrites au registre et soumises aux quatre exigences (art. R3211-26 du code des transports).
14. Depuis le 21 mai 2022, quelle obligation pèse sur les véhicules de plus de 2,5 t et n'excédant pas 3,5 t affectés au transport international ?
Le règlement (UE) 2020/1055 a étendu le règlement (CE) n° 1071/2009 aux véhicules de plus de 2,5 t utilisés en transport international : inscription au registre, capacité financière et licence communautaire s'y appliquent depuis le 21 mai 2022.
15. À qui l'attestation de conducteur du règlement (CE) n° 1072/2009 est-elle destinée ?
L'attestation de conducteur, prévue à l'art. 5 du règlement (CE) n° 1072/2009, atteste que le conducteur non ressortissant d'un État membre est employé régulièrement par le transporteur ; elle est délivrée à l'entreprise, qui la remet au conducteur.
16. Comment l'attestation de conducteur circule-t-elle entre l'entreprise et le conducteur ?
L'art. 5 du règlement (CE) n° 1072/2009 attribue l'attestation à l'entreprise de transport ; une copie certifiée conforme accompagne le conducteur et doit être présentée à toute réquisition des agents de contrôle.
17. Qu'appelle-t-on cabotage routier de marchandises ?
Le cabotage est défini à l'art. 2 du règlement (CE) n° 1072/2009 comme un transport national pour compte d'autrui assuré à titre temporaire dans un État membre d'accueil par un transporteur qui n'y est pas établi.
18. Combien d'opérations de cabotage sont admises après un transport international entrant ?
L'art. 8 du règlement (CE) n° 1072/2009 autorise jusqu'à trois opérations de cabotage consécutives à un transport international ayant donné lieu à livraison, dans un délai de sept jours à compter du déchargement de ce transport entrant.
19. Qu'est-ce que la période de carence introduite par le règlement (UE) 2020/1055 ?
Depuis le 21 février 2022, le règlement (UE) 2020/1055 impose une carence de quatre jours : à l'issue d'une période de cabotage, le même véhicule ne peut pas effectuer de nouvelles opérations de cabotage dans le même État membre pendant ce délai.
20. Un véhicule espagnol livre à Lyon le lundi un chargement venu de Barcelone. Jusqu'à quand peut-il caboter en France ?
Le délai de sept jours de l'art. 8 du règlement (CE) n° 1072/2009 court à compter du déchargement du transport entrant ; le plafond de trois opérations et le délai jouent cumulativement, la première limite atteinte arrêtant le cabotage.
21. Que doit pouvoir présenter le conducteur pour justifier une opération de cabotage ?
L'art. 8 du règlement (CE) n° 1072/2009 exige la preuve du transport international entrant puis, pour chacune des opérations de cabotage, les mentions permettant d'en vérifier le nombre et les dates ; l'absence de preuve fait présumer le cabotage illégal.
22. Quelle est la nature de la sanction encourue en cas de cabotage irrégulier en France ?
L'exécution d'un transport de cabotage en méconnaissance du règlement (CE) n° 1072/2009 est réprimée par l'art. L3452-6 du code des transports ; l'immobilisation du véhicule peut être prononcée à titre conservatoire.
23. Lequel de ces transports échappe à l'exigence de licence communautaire ?
La liste des transports exemptés figure à l'art. 1er, paragraphe 5, du règlement (CE) n° 1072/2009 : elle vise notamment les envois postaux relevant du service universel et les véhicules endommagés ou en panne.
24. Les envois postaux relevant du service universel sont-ils soumis à licence ?
L'art. 1er, paragraphe 5, du règlement (CE) n° 1072/2009 range les transports d'envois postaux effectués dans le cadre du service universel parmi les transports dispensés de licence communautaire.
25. Comment se qualifie la location d'un véhicule industriel avec conducteur ?
La mise à disposition d'un véhicule avec son conducteur revient à exécuter un déplacement pour autrui : le loueur est un transporteur public, et le contrat type location de véhicule avec conducteur s'applique à défaut de convention écrite.
26. Une entreprise loue un porteur sans conducteur et le fait conduire par son propre salarié pour livrer ses produits. De quoi s'agit-il ?
L'art. L3211-1 du code des transports admet que le véhicule soit mis à la disposition de l'entreprise ; conduit par son personnel pour déplacer ses propres produits, il reste dans le champ du compte propre.
27. Un transporteur confie une partie de ses tournées à un confrère. Quelle exigence s'impose au sous-traitant ?
Le sous-traitant exécute un transport public pour le compte du donneur d'ordre : il doit satisfaire aux mêmes exigences d'accès à la profession, sous peine pour le donneur d'ordre d'engager sa responsabilité (art. L3211-1 du code des transports).
28. Que prévoit le contrat type de sous-traitance à défaut de convention écrite ?
Comme les autres contrats types annexés au code des transports, le contrat type de sous-traitance supplée le silence des parties : il régit alors la durée, la rémunération et les conditions de résiliation de la relation.
29. À quoi sert l'interconnexion des registres nationaux des entreprises de transport ?
Le règlement (CE) n° 1071/2009 impose l'interconnexion des registres électroniques nationaux : les autorités échangent notamment les condamnations et les décisions d'inaptitude, ce qui rend l'honorabilité opposable dans toute l'Union.
30. Que suppose l'exigence d'établissement stable et effectif ?
L'art. 5 du règlement (CE) n° 1071/2009, renforcé par le règlement (UE) 2020/1055, impose des locaux abritant les documents de l'entreprise, un centre d'exploitation doté des équipements nécessaires et des véhicules revenant régulièrement à l'établissement.
31. Une société immatriculée en France n'y dispose d'aucun local ni véhicule et exploite exclusivement depuis un autre État. Que risque-t-elle ?
La société boîte aux lettres est précisément ce que vise l'art. 5 du règlement (CE) n° 1071/2009 renforcé en 2020 : l'absence d'activité réelle au lieu d'établissement justifie le retrait de l'inscription et des licences.
32. Quelles opérations entraînent l'application des règles de détachement au conducteur ?
La directive (UE) 2020/1057 soumet au détachement le cabotage et le transport dit de pays tiers ; le transit et les opérations bilatérales sont expressément exclus du régime.
33. Par quel moyen la déclaration de détachement d'un conducteur est-elle transmise ?
La directive (UE) 2020/1057 a créé une déclaration unique transmise via l'interface publique reliée au système d'information du marché intérieur ; le conducteur doit pouvoir en présenter la copie au contrôle routier.
34. Un conducteur employé en Pologne charge à Lille et livre à Madrid pour un transporteur polonais. Est-il détaché ?
Ni le chargement ni le déchargement n'ont lieu dans l'État d'établissement : l'opération relève du transport de pays tiers, soumis au détachement par la directive (UE) 2020/1057.
35. À quoi sert une autorisation de transport délivrée dans le cadre du contingent multilatéral européen ?
Le contingent multilatéral hérité de la Conférence européenne des ministres des transports, aujourd'hui géré au sein du Forum international des transports, ouvre des transports entre pays participants sans autorisation bilatérale.