Le point H de l'annexe I du règlement (CE) n° 1071/2009 demande de connaître les qualifications requises des conducteurs : catégories de permis, certificats médicaux, attestations de capacité. En France s'y ajoute la qualification initiale et la formation continue obligatoire, issues de la directive 2003/59/CE, ainsi que les visites médicales périodiques du permis des catégories lourdes.
L'employeur doit prendre les mesures nécessaires pour que ses conducteurs respectent les limitations de vitesse propres aux poids lourds, les priorités, les règles d'arrêt et de stationnement, l'emploi des feux et la signalisation, y compris dans les autres États membres où circulent ses véhicules. Il doit connaître les restrictions de circulation applicables aux véhicules de transport de marchandises.
Le gestionnaire élabore des consignes écrites destinées aux conducteurs : vérifications avant départ de l'état du véhicule, de son équipement et de son chargement ; mesures préventives ; conduite à tenir en cas d'accident ou d'immobilisation ; procédures d'arrimage sans risque.
Une procédure d'accident organise le constat, l'alerte, la protection des lieux, l'information de l'entreprise et de l'assureur, et surtout l'analyse destinée à éviter la répétition d'accidents et d'infractions graves. Le référentiel insiste sur ce retour d'expérience : il ne suffit pas de gérer le sinistre, il faut en tirer des mesures.
Certaines infractions à la réglementation des transports et à la sécurité routière sont imputables à l'employeur ou au donneur d'ordre, et non au seul conducteur. Elles pèsent aussi sur l'honorabilité professionnelle du gestionnaire de transport et de l'entreprise, et peuvent conduire à la perte de l'honorabilité, donc au retrait de la licence.
1. Quelle catégorie de permis autorise la conduite d'un véhicule de transport de marchandises de plus de 3,5 tonnes ?
La directive 2006/126/CE, transposée à l'art. R221-4 du code de la route, réserve à la catégorie C les véhicules de transport de marchandises dont le poids total autorisé excède 3,5 t.
2. Que couvre la catégorie C1 du permis de conduire ?
L'art. R221-4 du code de la route ouvre la catégorie C1 aux véhicules de transport de marchandises de plus de 3,5 t et n'excédant pas 7,5 t, palier intermédiaire avant la catégorie C.
3. Quelle catégorie faut-il pour conduire un véhicule articulé de 40 tonnes ?
L'attelage d'une remorque ou d'une semi-remorque de plus de 750 kg à un véhicule de catégorie C exige la catégorie CE, conformément à l'art. R221-4 du code de la route.
4. Quelle catégorie autorise la conduite d'un autocar ?
La catégorie D vise les véhicules de transport de personnes comportant plus de huit places assises outre celle du conducteur ; la catégorie D1 en est la variante limitée à seize places et huit mètres.
5. Quelle remorque un titulaire du seul permis B peut-il atteler ?
L'art. R221-4 du code de la route limite l'attelage sous permis B aux remorques de 750 kg au plus ; au-delà, l'ensemble relève de la formation B96 jusqu'à 4 250 kg, puis de la catégorie BE.
6. Un ensemble composé d'un véhicule de 3,5 t et d'une remorque de 700 kg totalise 4,2 t. Quel titre suffit ?
La remorque n'excédant pas 750 kg, l'attelage reste couvert par le permis B quel que soit le poids de l'ensemble ; la formation B96 ne concerne que les remorques de plus de 750 kg.
7. Un véhicule utilitaire de 3,5 t tracte une remorque de 900 kg. Quel titre faut-il ?
La remorque dépasse 750 kg : l'art. R221-4 du code de la route impose la formation complémentaire de sept heures jusqu'à 4 250 kg, puis la catégorie BE au-delà.
8. À quel âge la catégorie C peut-elle en principe être obtenue ?
La directive 2003/59/CE lie l'âge d'accès à la nature de la qualification initiale suivie : la formation longue ouvre la conduite dès 18 ans en marchandises, la formation accélérée à 21 ans.
9. Qu'est-ce que la formation initiale minimale obligatoire ?
La directive 2003/59/CE, transposée aux art. R3314-1 et suivants du code des transports, fixe à 140 heures la formation initiale accélérée du conducteur affecté au transport routier.
10. Quelle est la durée de la formation continue obligatoire du conducteur ?
Les art. R3314-1 et suivants du code des transports imposent une formation continue de 35 heures tous les cinq ans, condition du renouvellement de la carte de qualification du conducteur.
11. À quelle périodicité la formation continue obligatoire doit-elle être renouvelée ?
La directive 2003/59/CE fixe une périodicité quinquennale : la formation continue de 35 heures conditionne la validité de la carte de qualification, elle-même valable cinq ans.
12. Que matérialise la carte de qualification de conducteur ?
La carte de qualification de conducteur atteste de la qualification exigée par la directive 2003/59/CE ; elle est distincte du permis de conduire et de l'attestation d'aptitude médicale.
13. Un conducteur circule sans carte de qualification valide. Qui est en infraction ?
Les art. R3314-1 et suivants du code des transports font peser l'obligation sur les deux : le conducteur doit détenir sa qualification, l'employeur ne peut affecter à la conduite un salarié qui en est dépourvu.
14. À quoi est subordonnée la validité des catégories lourdes du permis de conduire ?
L'art. R221-10 du code de la route soumet les catégories du groupe lourd à un contrôle médical périodique ; la durée de validité, de cinq ans en règle générale, se réduit avec l'âge du titulaire.
15. Un conducteur est déclaré temporairement inapte par le médecin agréé. Que doit faire l'employeur ?
L'inaptitude médicale suspend la validité de la catégorie : affecter le salarié à la conduite ferait circuler un conducteur sans titre valide et engagerait la responsabilité de l'employeur.
16. Qui délivre l'avis médical exigé pour les catégories lourdes ?
Le contrôle médical de l'aptitude à la conduite relève de médecins agréés ou de commissions médicales ; la visite du médecin du travail, distincte, porte sur l'aptitude au poste.
17. Un conducteur souffre d'apnée du sommeil non traitée. Quelle conséquence sur son permis ?
L'arrêté fixant la liste des affections médicales incompatibles avec l'obtention ou le maintien du permis vise les troubles du sommeil : le traitement suivi conditionne la reprise de la conduite.
18. Combien de points comporte un permis de conduire français au maximum ?
Le capital maximal du permis est de douze points ; il est de six points pendant la période probatoire, majorés progressivement en l'absence d'infraction (art. L223-1 du code de la route).
19. Un conducteur professionnel perd son permis pour solde de points nul. Que doit faire l'employeur ?
La perte de validité du permis rend la conduite illégale ; l'employeur qui maintiendrait le salarié à son poste engagerait sa responsabilité pénale, mais le licenciement suppose une procédure et une recherche de reclassement.
20. Comment un conducteur peut-il récupérer des points de permis ?
Les art. L223-6 et R223-8 du code de la route ouvrent la reconstitution du capital par stage volontaire, dans la limite de quatre points, ou par l'écoulement d'un délai sans nouvelle infraction.
21. Un conducteur détient la catégorie C mais aucune carte de qualification. Peut-il conduire ?
L'art. R3314-15 du code des transports exclut certains transports de l'obligation de qualification, notamment les véhicules utilisés à des fins non commerciales ou les déplacements de véhicules en essai.
22. Que doit vérifier l'employeur avant d'affecter un salarié à la conduite ?
L'employeur répond de l'affectation d'un conducteur non titulaire des titres requis ; la vérification périodique de la validité du permis et de la qualification fait partie de l'organisation exigée du gestionnaire de transport.
23. Un conducteur ressortissant d'un pays tiers est recruté par une entreprise française. Que faut-il vérifier en plus ?
L'attestation de conducteur du règlement (CE) n° 1072/2009 vise le conducteur d'un pays tiers employé par un transporteur de l'Union ; en France, la régularité du séjour et l'échange ou la reconnaissance du permis conditionnent l'emploi.
24. Quel est le premier objectif de la formation à la conduite rationnelle ?
La directive 2003/59/CE place la conduite rationnelle axée sur les règles de sécurité au premier rang des objectifs de la formation ; la baisse de consommation en est la conséquence économique.
25. Une flotte consomme 520 000 litres par an. Une baisse de 6 % obtenue par la formation représente combien de litres ?
Le produit 520 000 × 0,06 donne 31 200 litres économisés par an. Rapportée au prix du gazole, cette économie finance largement le coût des formations de conduite rationnelle.
26. Quel est le signe le plus fiable d'une baisse de vigilance au volant ?
La somnolence se manifeste par des signes physiques précis ; le règlement (CE) n° 561/2006 impose l'interruption de 45 minutes après 4 h 30 précisément pour prévenir cette dégradation.
27. Un conducteur ressent une somnolence marquée après trois heures de conduite. Que doit-il faire ?
L'interruption réglementaire du règlement (CE) n° 561/2006 est un maximum, pas une autorisation de rouler jusqu'à son terme : le conducteur doit s'arrêter dès que la vigilance baisse.
28. À quelle vitesse le limiteur d'un autocar de plus de 10 tonnes est-il réglé ?
La directive 92/6/CEE modifiée impose des limiteurs réglés à 100 km/h pour les véhicules de transport de personnes de plus de 10 t, contre 90 km/h pour les véhicules de marchandises de plus de 3,5 t.
29. Quelle est la vitesse maximale d'un véhicule de plus de 12 tonnes sur autoroute ?
L'art. R413-8 du code de la route limite à 90 km/h sur autoroute les véhicules de transport de marchandises dont le poids total autorisé excède 12 t ; le limiteur en interdit d'ailleurs le dépassement.
30. Un conducteur circule à 95 kilomètres par heure sur autoroute avec un ensemble de 40 tonnes. Que risque-t-il ?
Le dépassement de la vitesse autorisée est une contravention ; sur un véhicule limité à 90 km/h, il révèle en outre une possible manipulation du limiteur, sanctionnée par le code des transports.
31. Quel intervalle minimal un véhicule de plus de 3,5 tonnes doit-il respecter hors agglomération ?
L'art. R412-12 du code de la route impose aux véhicules de plus de 3,5 t ou de plus de sept mètres un intervalle d'au moins 50 mètres hors agglomération, afin de préserver les possibilités d'insertion.
32. À 90 kilomètres par heure, quelle distance un véhicule parcourt-il pendant une seconde de temps de réaction ?
Une vitesse de 90 km/h vaut 25 mètres par seconde : le seul temps de réaction consomme donc 25 mètres avant que le freinage ne commence, distance à laquelle s'ajoute la distance de freinage.
33. Un ensemble de 40 tonnes freine sur 60 mètres à 90 kilomètres par heure. Quelle distance d'arrêt totale avec une seconde de réaction ?
La distance d'arrêt additionne la distance de réaction, soit 25 mètres à 90 km/h, et la distance de freinage de 60 mètres : le véhicule s'immobilise après 85 mètres.
34. Quel est le taux d'alcool maximal admis pour un conducteur de transport de marchandises ?
L'art. R234-1 du code de la route retient le seuil général de 0,5 g par litre de sang, soit 0,25 mg par litre d'air expiré ; le seuil abaissé de 0,2 g vise le transport en commun de personnes.
35. Quel taux d'alcool s'applique au conducteur d'un véhicule de transport en commun de personnes ?
L'art. R234-1 du code de la route abaisse à 0,2 g par litre de sang, soit 0,10 mg par litre d'air expiré, le seuil applicable au conducteur d'un véhicule de transport en commun de personnes.